Mettons un terme aux maîtres

Mettons un terme aux maîtres

Faire le point sur l'actualité récente, une vision alternative aux media à la solde du pouvoir

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Vous entrez sur un blog que l'on pourrait qualifier d'alternatif. Pourquoi alternatif ? Car ici, nous ne voulons pas nous laisser abrutir par toutes les idées préconçues véhiculées par les principaux médias. Nous avons donc suivi le conseil : « don't hate the médias, be the médias! » et voilà, ce blog a été créé. Maintenant, pourquoi faire une charte ? Nous laissons à chacun la liberté de penser ce qu'il veut, et tout le monde peut ajouter des commentaires, mais nous ne voulons pas tomber dans des joutes verbales agressives. Nous appelons donc chacun à être tolérant, de n'attaquer personne. Nous sommes là pour argumenter nos idées, car comme le dirait le proverbe : « seul l'idiot connaît la vérité, le vrai sage est à sa recherche. »

Les rédacteurs de ce blog vous souhaitent donc une bonne lecture.

Liste des articles parus récemment

09 décembre 2009

La crise de septembre 2008

Question à 700 milliards de dollars : qui est intervenu à l’ONU pour accuser un capitalisme ravageur et immoral ? Réponse : Nicolas Sarkozy. Que s’est-il passé pour qu’un fervent défenseur de ce capitalisme financier vienne le remettre en cause ? Mais ce n'est pas fini, monsieur Sarkozy, dont les plus grands lèche-bottes du gouvernement se sont empressés de féliciter, a annoncé sa solution pour éviter la crise (un peu tard quand même) : « il faut contrôler la finance ». Comme si les organismes de contrôle financiers n'existaient pas, j'attends maintenant la déclaration du ministre des Sports : « Naaan, ce qu'il faut vraiment pour aider les arbitres, c'est mettre deux gars sur les touches avec des drapeaux pour signaler les hors-jeu ». Mieux, ce sont les gouvernements qui ont légiféré de façon à ce qu'on ne puisse pas contrôler le marché et le laisser libre, ce principe que tout le monde connaît sous le nom de libéralisme. Mais il n’y a pas que cela, voyons que le plus grand pays défenseur des valeurs libérales se met à nationaliser leurs plus grandes banques ! Mais ne vous inquiétez pas, personne ne fait ça par conviction, mais bien à cause de la conjoncture. Je m'imagine bien Paulson ou Bernanke désespéré devant les journalistes annonçant : « nous n'avions vraiment pas le choix, c'était le socialisme ou la mort ! »

Mais regardons la situation économique mondiale, cinq des plus grandes banques américaines ont déclaré faillite : Bear Stearns, Lehman Brothers, Merill Lynch, AIG et Washington Mutual. Pour être plus exact, elles se sont placées sous le chapitre 11 de la loi sur les faillites, c'est-à-dire qu’elles sont protégées du « dépôt de bilan », la faillite, la vraie. Mais elles sont sous le contrôle du tribunal de faillite. Cette situation n’est pas non plus la situation miracle, rien n’empêche que ces banques ne finissent pas par mettre la clé sous la porte, ou de devoir se faire avaler par une autre banque. En bref, ce chapitre 11 donne du répit pour les entreprises et leur donne une autre chance de s’en sortir en étant contrôlées par le tribunal de faillite, a-elles de saisir leur chance si ce n’est pas trop tard.

Après la crise des subprimes, beaucoup d’emprunts n’ont pas pu se faire rembourser, en raison des ventes forcées donc bradées de biens immobiliers, des cartes de crédit, d'actifs divers dévalués à cause des réhausseurs de crédits... Ces créances que tout le monde avait, ont été qualifiées de créances empoisonnées, ou « créances toxiques » dans le sens ou il ne vaut mieux pas en avoir si on veut rester en bonne santé. Or les organismes financiers ayant fourni ces emprunts (banques et assurances) se sont retrouvés endettés à leur tour. En effet, quand vous avez prêté des milliards à des gens qui étaient fortement susceptibles de ne pas vous rembourser, vous risquez de perdre beaucoup d’argent.

Face à cet endettement, les banques ont fait appel à une augmentation de capital, la technique est simple, vous émettez de nouveaux capitaux sur le marché. Pour attirer les acheteurs, vous les vendez moins cher que le prix normal, les gens les achètent, et vous vous servez de cet argent pour renflouer votre dette. Or augmenter son capital, est aussi une preuve que vous envoyez au marché sur votre mauvaise santé financière (si vous augmentez votre capital, c’est que vous avez des dettes), et en temps de crise, rien n’est pire que de montrer vos faiblesses. Les investisseurs ne voulant pas d’actions d’entreprises endettées, vous vous retrouvez avec des actions qui ont baissé et dont personne ne veut. Or, comme le prix de vos actions rentre en compte dans le bilan de votre société, le fait que le prix de celle-ci dégringole augmente votre dette, ce qui va vous obliger à raugmenter votre capital, et donc recauser la dépréciation de vos actifs, et ainsi de suite jusqu’à avoir la tête complètement écrasée dans le mur !

Dans ce contexte tout à fait nouveau, les banques se regardent mourir les unes après les autres, qui ne les encourage encore moins à se prêter de l'argent. Car comme de petits soldats sous un bombardement, se regardant mourir les uns après les autres, si le soldat Germain demande au soldat François de lui prêter 5000 francs pour le lui rendre dans 6 mois, il y a de fortes chances pour que le soldat François dise : « attends Germain, je t’aime bien, mais qui me dit que dans 6 mois tu seras encore là pour me rendre mon argent ? ». Pour les banques c’est pareil, sauf qu’une banque qui ne prête pas d’argent, ça pose problème. Du coup, il n’y a plus assez de dollar qui circule sur les marchés. Et si les banques prêtent à court terme, c'est à des taux immenses qui ne cessent d'augmenter, comme en témoignent les variations de l'Euribor à 3 mois (1). Par rapport à cela les banques centrales décident de débloquer des milliards et de milliards de dollars pour répondre au besoin de liquidité. Comme l’a écrit Sophie Rolland dans la Tribune « les banques centrales ne maintiennent plus le marché sous perfusion, elles les ont placés en réanimation intensive ! ».

S’ajoute à tout ce beau tableau une paranoïa maladive. Dès que quelqu’un soupçonne un autre de ne plus avoir d’argent, le marché se comporte de telle façon que la personne soupçonnée en question n’aura réellement plus d’argent, même si elle en avait. On fait face à des prophéties auto-réalisatrices dues à la tension extrême des marchés.

Pour résoudre cette crise, vous avez sûrement entendu du plan Paulson ? Il consiste à débloquer 700 milliards de dollars, pour racheter ces créances toxiques avec l’argent du contribuable. Mais ce plan apporte plus de questions que de réponses. La première, à combien ces créances vont-elles être rachetées, trop élevées, et se serait récompenser tout les acteurs qui nous ont menés dans cette situation, trop bas, et cela aggraverait la spirale déflationniste qui ruine les établissements financiers. Deuxième question, la concurrence si chère à Washington, Bruxelles et l’OMC ne serait-elle pas faussée, car en vérité, le trésor américain va racheter les créances des banques américaines, mais pas les autres ? Troisième question, comment d’un point de vue technique, peut-on mettre en œuvre ce plan au cas par cas, banque par banque, créance par créance ? Et enfin, dernière question, ce plan ne règle pas le vrai problème qui est que les banques ne se prêtent plus les unes aux autres, tant que l’horizon est aussi sombre pour elles.

Parmi tous les acteurs de la crise, je ne vous ai pas encore parlé des CDS. Les CDS (Credit Default Swap) sont des crédits assurés, c'est à dire, vous payez une contre-partie pour vous assurer que même si la personne à qui vous avez prêté, se retrouve dans l'incapacité de vous rembourser, votre assureur devra rembourser à la place. Et si nous suivons le raisonnement fait pour toutes les autres causes de la crise, les CDS marchent parfaitement bien quand tout va bien, mais cela aggrave encore plus la situation en temps de crise, ce qui est une marque de fabrique du capitalisme. Donc, quand une banque d'affaires s'effondre, c'est qu'elle a énormément de dettes. Si elle s'effondre, c'est qu'elle ne les paiera pas. Ceci obligera les assureurs à rembourser toutes les dettes qui ont été assurées par l'activation des CDS, soit énormément d'argent à sortir d'un coup, ci qui sera une bonne raison de plus pour se retrouver dans la faillite. C'est notamment pour cette raison que les états Européens et Américain ont décidé de nationaliser les banques en faillite, pour ne pas laisser ces dettes empoisonner encore plus le marché.

Pour rendre compte de l'étendue du danger que représentent ces CDS, l'économiste Joseph Leddet les a évalués à un montant nominal supérieur au PIB mondial dans le journal La Tribune du 30 septembre.

Prenons deux exemples de la crise, après avoir nationalisé Bear Sterns en mars, Freddie Mac et Fannie Mae en juillet 2008, le gouvernement c'est fait traité de socialiste. Et quand la banque Lehman Brother s’est placée sous le chapitre 11, la Fed a décidé de ne pas bouger, et a laissé sombrer la banque dans la faillite. Mais même si la banque n'était pas « to big to fall »comme aiment les dire les actionnaires, trop gros pour tomber, elle a fait de sacrés dégâts. Son exposition sur les dérivés était estimée à 29 milliards de dollars, rien à comparer aux 13 400 de Bear Stearns (source : Office of the Comptroller of the Concurrency, New York, 30 septembre). Deux jours après, C'est au tour d'AIG de se retrouver sous le même chapitre 11. Là, le gouvernent espère que des secours privés, dont les banques Goldman Sachs  et JP Morgan, vont prendre la tête d'un crédit syndiqué de 75 milliards de dollars d'AIG. Mais c'était oublier que la veille les 10 plus grosses banques du marché avaient dû mettre sur la table 70 milliards de dollars pour soutenir la liquidation ordonnée de Lehman. Or il était impossible pour l'état d'abandonner AIG qui s’était engagé à assurer 441 milliards de titres. Face à cette situation, l'état acquiert 79,9 % du capital d'AIG sous la forme d'un prêt relais de 85 milliards de dollars.

Mais le plus « amusant » dans cette situation est comment l'état a nationalisé AIG, la Fed a monté ce que l'on appelle dans des termes très techniques « un bordel financier ». La Fed prend le contrôle d'AIG non en dédommageant les actionnaires grâce aux 85 milliards, car cet argent est en fait prêté, et l'état se porte acquéreur en contrepartie du prêt. En d'autres termes, je vous prête 10 000 euros pour que vous puissiez vous acheter votre voiture, mais étant donné que je vous prête l'argent, la voiture sera aussi à moi. Une fois le crédit éteint, l'état fédéral n'en restera pas moins actionnaire de 79,9 % d'AIG. Pour ce qui est d'une rechute dans le socialisme, c'est une. Comme le dirait l'économiste Frederic Lordon à ce sujet : « à côté d'eux, le président vénézuélien Hugo Chavez est un pantin libéral vendu au grand capital, lui paye quand il nationalise ! »

Et c'est le lundi 6 octobre que la crise des marchés a commencé. Dans un climat où aucune banque ne veut (ou ne peut) prêter de l'argent, les entreprises commencent-elles aussi à être touchées par la crise. Notamment les entreprises vendant des produits onéreux nécessitant aux clients l'obtention d'un prêt. C'est ainsi que les entreprises du Bâtiment et de l'automobile sont touchées de plein fouet. Car il ne faut pas oublier que l'on sort d'une crise des matières premières, ce qui a atteint sérieusement les consommateurs. Dans ce climat les marchés boursiers atteignent des chutes sans pareilles. Pour donner une idée de ces pertes immenses, les marchés étant traités par informatique depuis Londres, il y avait tellement d'ordre de vente, que le système ne suivait plus. Autrement dit, il y avait une différence entre ce qu'il y avait sur les écrans des traders et ce qu'il se vendait réellement.

Les gouvernements et les argentiers ont décidé de se réunir les week-ends, profitant de la fermeture des marchés pour discuter des décisions à prendre. Pour éviter la grande crise de 1929, les gouvernements européens ont décidé de rassurer les épargnants en garantissant leur dépôt. Il serait gênant de revoir des files d'attente interminables devant les guichets, ce qui aurait pour effet d'entrer vraiment des deux pieds dans la crise. Mais le marché semble être sourd à ce discours, après les interventions du G4, le marché à enregistrer des pertes records. Il est en effet difficile que les pouvoirs publics pourront assurer l'ensemble des dépôts quand on connaît leur taille. Pour indiquer quelques chiffres, la base de dépôts de la BNP représente le tiers du PIB de la France!

Le dimanche 12 octobre, après une réunion entre les chefs d'État de l'Union européenne, une décision commune a été prise, celle de suivre l'attitude de Gordon Brown et du Royaume-Uni, dans un gigantesque plan de relance d'une bourse en chute libre. Il a été décidé de garantir les prêts interbancaires et de garantir le rachat de banques en difficultés. Des sommes faramineuses sont en jeu, 480 milliards pour l'Allemagne, 20 milliards pour l'Italie, 100 milliards pour l'Autriche, 360 milliards pour la France... Soit un total de 1 500 milliards d'euros.

Et lundi, la réponse des marchés est sans équivoque. Des rebonds spectaculaires se font voir dans toutes les bourses du monde entier : An Amérique avec une augmentation de +11,81 % et +11,02 % pour le Nasdaq et le Dow Jones, en Europe, +11,18 % pour Paris, +11,40 % pour Francfort, +8,26 % pour Londres, en Asie, +14,15 % pour le Nikkei. L'économie capitaliste est sauvée ! Et c'est ce que tout le monde se dit, pour essayer de s'en persuader le plus fort possible. Car les hausses seront suivies de baisses dès le mercredi. Mais fait tout nouveau, les taux de prêts interbancaires commencent à chuter depuis le 10 octobre. Signe que les banques commencent à se refaire confiance et donc à se prêter de l'argent à des taux moins exorbitants. Maintenant, la vraie question que nous sommes en droit de nous poser est : où en est la crise ? Et la réponse pourrait se situer dans les cours de la bourse actuelle, où les marchés font du yoyo ; ils commencent les semaines en hausse, réagissant apparemment bien aux annonces décidées dans le week-end, mais finissent les semaines en baisse. Tout cela agit comme pour prouver que la crise est désormais au niveau industriel, où comme chez Renault, on a décidé de mettre au chômage technique ses employés pendant deux semaines, afin de dégraisser les stocks. Signe d'un éventuel début de récession, les consommateurs ne lancent plus dans les gros achats comme les achats automobiles.

Et c'est cette même récession qui fait perdre la tête aux marchés après leur avoir fait perdre pied. Dans un monde où l'on a toujours besoin de croissance, une croissance infinie si cela pouvait même être ne serait-ce qu'envisageable, le mot récession fait énormément peur. Et cette peur s'entretient elle-même, contaminant tous les marchés. Ces mêmes marchés que l'on avait voulu déréguler pour mieux absorber les crises se retrouvent en train de causer sa propre perte. Car avec toute cette dérégulation, on oublierait presque que derrière toutes ces courbes et tous ces facteurs, il y a des êtres humains qui se comportent comme des êtres humains. Et les fonds de pension sont vendus en masses, ce qui alimente la baisse des valeurs boursières. De plus, la nature humaine est méfiante, on a peur de ce que l'on nous cache ou de ce que l'on peut nous cacher. Et c'est pour cela que beaucoup de financiers émettent des réserves sur la santé bancaire de plusieurs organismes (Dexia pourrait être un cas d'école).

Mais la totalité de la crise est loin d'être passée, car penser que la crise est terminée, c'est oublier que son origine vient d'énormes pertes faites par les banques à cause de l'incapacité de remboursement des crédits subprimes. Or les fameux resets, réajustement des taux au bout de deux ans, vont s'arrêter en septembre 2009, suite à un très ingénieux calcul qui consiste à ajouter deux ans à la fin de ces crédits. Les pertes n'ont pas été totalement calculées pour les banques et les assurances qui justement garantissent ces prêts. De plus,  on pourrait se demander si les états américains, européens et asiatiques qui ont été très très très généreux pourront à nouveau encaisser d'autres pertes.

(1) Voir des mots sur les maux

Posté par canous à 18:30 - économie - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]


Origine de la crise des subprimes

La crise des subprimes aura fait un ravage dans le monde de la finance, mais intéressons-nous à l'origine de cette crise. Le capitalisme reposait sur les principes du Keynésianisme. Pour faire travailler les entreprises, il faut donner du pouvoir d'achat aux travailleurs afin de leur permettre de consommer. Depuis les années 80 lors de règne Reagan Tatcher, on a bloqué la progression des salaires afin de  lutter contre l'inflation. En effet, par un mécanisme très compréhensible, augmenter les salaires augmente le prix de production de notre produit, et donc la valeur de notre produit. La baisse de la part des salaires dans la redistribution des richesses, partie du monde anglo-saxon a ensuite gagné tous les pays développés, et est devenu un principe fondamental pour l'Union européenne. Elle a par la suite été renforcée par l'irruption de la Chine et de sa main-d'œuvre à bas coûts. Mais pour que la machine fonctionne, il faut que les salariés consomment ; pour cela, on les conduit à s'endetter.

En 2001 avec l’éclatement de la bulle Internet, M. Alan Greenspan, alors président de la Fed, invite les investisseurs à aller vers l'immobilier, pour les protéger des pertes dues à l'éclatement de la bulle internet. Pour ce faire, il décide de baisser les taux de prêts, ce qui incite les investisseurs à emprunter pour justement investir. De plus, des banques comme Fannie Mae et Freddie Mac avaient vocation d'assurer la fluidité du marché du crédit immobilier en garantissant les prêts ou en rachetant aux banques. Ainsi, l'endettement des ménages était encouragé, puisque l'intérêt sur la dette immobilière était déductible de l'impôt sur le revenu. Leur croissance s'accélérera à mesure que le système financier connaissait la déréglementation.

C’est dans ce climat qu’est mis au point le système des crédits subprime, crédits hypothécaires à risque et à taux variable consentis aux ménages les plus fragiles. Il est maintenant permis de prêter de l'argent à des personnes fortement susceptibles de ne pas rembourser. Les banques sont gagnantes à chaque fois, les débiteurs payent leurs crédits, et au moment où ils ne peuvent plus, la banque prend la maison.  Mais le véritable problème de ces crédits sont les « resets », une des particularités des crédits subprimes et les crédits Alt-A mortages (intermédiaires entre les crédits standards primes et subprimes) est de garantir des taux bas pendant deux ans, et deux ans après, les taux remontent à la normale lors de ce que l'on appelle un reset. Autrement dit, vous prenez un crédit à 5 %, pendant les premières années il sera à 1% et repassera à 5 % au bout de deux ans. C'est en général au bout de ce reset que les ménages américains se sont retrouvés dans l'impossibilité de rembourser leurs crédits et se sont fait saisir leur maison. Les établissements financiers se sont donc retrouvés avec de plus en plus de logements à vendre. Le marché c'est ainsi retrouvé inondé de logements ce qui a fait écrouler le marché de l'immobilier et donc le prix de ces logements. Les banques se sont retrouvées dans l'incapacité de retrouver l'argent qu'ils avaient prêté. De cette manière-là, elles ont perdu énormément d'argent en ayant dans leurs comptes des créances non remboursables.

S'ajoute à cela le problème de la titrisation, les systèmes financiers se sont servis de ces dettes comme source d'achat. Comme si je vous disais : « je t'achète ta voiture 5000 €, mais comme quelqu'un me doit 5000 €, il ne me les devra plus à moi, mais à toi ». C'est ainsi que les banques avaient vendu une partie de leurs créances douteuses à d’autres banques, lesquelles les avaient cédées à des fonds d’investissement spéculatifs qui les ont à leur tour disséminés. Résultat : comme une épidémie foudroyante, la crise atteint l’ensemble du système bancaire.

C'est dans ce contexte là que George W.Bush a annoncé en janvier un plan de stimulation visant à enrayer la contraction de l'économie américaine uniquement sur le court terme. Car dans une société où la carte de crédit est un art de vivre, inciter les gens à surveiller leurs dépenses en augmentant les taux d'intérêt est impossible, le plan de relance promis consiste uniquement en une baisse d'impôts gigantesque de 145 milliards de dollars (100 milliards d'euros) soit 1% du PNB. Mais le gros problème est le suivant, comment peut-on financer cette baisse d'impôts à ajouter au déficit budgétaire ? La réponse la plus évidente est : les Chinois, qui vont une nouvelle fois être mis à contribution pour acheter des bons de Trésor américain, alors qu'ils en détiennent déjà 1 400 milliards de dollars. Ensuite, ces emprunts ont aggravé la dette américaine et déprécié davantage le dollar. Enfin, ce plan se focalise essentiellement sur la relance de la consommation, au détriment d'autres solutions qui permettraient d'aider les Américains à se désendetter ou à rembourser leurs crédits immobiliers. Et, mathématiquement, les baisses d'impôts profiteront davantage aux ménages qui gagnent le plus.

De plus, la chute de la Bourse et les incertitudes pesant sur la croissance économique américaine n'ont visiblement pas manqué d'attirer les investisseurs étrangers, notamment les investisseurs asiatiques et arabes. L'an dernier, selon les chiffres compilés par l'agence Thomson Financial, les acquisitions d'entreprises américaines ou les prises de participation par des groupes étrangers ont atteint le montant record de 414,2 milliards de dollars. Jamais, depuis la folie spéculative de la bulle Internet de la fin des années 1990, le reste du monde n'avait à ce point craqué pour le « made in USA ». Ainsi, profitant de la faible valeur du dollar et des résultats catastrophiques de nombreuses banques, des fonds d'investissement Chinois et Arabes sont venus investir massivement dans l'économie américaine renflouant les grandes banques comme Citigroup et Merrill Lynch, sans susciter la moindre critique. Le temps n'est plus à la levée de boucliers déclenchée en 2006 aux EtatsUnis par le rachat par le groupe émirati DP World de plusieurs grands ports américains, qu'il avait été forcé de revendre.

Posté par canous à 18:28 - économie - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

On reviens

Bonjour,

Après quelque temps d'absence comportant son lot de désillusions : manifestations, tentatives de prises de conscience collectives, campagnes d'affichages, participation dans un journal papier... Toutes ces tentatives se sont soldées par des échecs... Notre petit monde est toujours soumis à ces pensées uniques.

Nous sommes dans un pays où nos parlementaires discutent de l'identité nationale. On nous rabat les oreilles avec cette « crise économique », la grippe A, la main de Thierry Henry !!! Mais a-t-on appris quelque chose sur des sujets autant complexes, le débat a-t-il avancé ?

J'entends parmi des enseignants sur la réforme du Lycée, et en particulier sur la suppression de l'histoire-géographie en terminale S, que c'est une bonne chose. En effet, les programmes sont trop lourds et on veut trop faire apprendre aux élèves. Il vaudrait mieux supprimer une matière pour pouvoir approfondir les savoirs des autres matières. À vouloir apprendre trop de choses aux élèves, ils ne retiennent rien.

Sauf que moi de mon coté, j'ai fait un bac S, et j'ai été bien content de savoir ce qu'était la guerre froide, et ses enjeux complexes. Ce qui m'a donné envie d'en savoir plus sur le sujet, même si on ne l'avait jamais approfondie. On est dans une formation générale oui ou non ? On a le devoir en tant que professeur d'apprendre un maximum de choses aux élèves, a eux de prendre ce dont ils ont besoin, et ce qui les intéresse. Car si on ne connaît pas un sujet, on ne peut pas avoir envie d'en savoir plus !!

Certes j'ai été un élève scolaire qui a « réussi ». Mais je ne suis pas sûr que ce soit la raison pour laquelle je me suis intéressé à l'histoire. Si des milliers de lycéens sont descendus dans les rues l'année dernière c'était justement pour défendre la richesse de ces matières, et de ne pas en sacrifier quelques-unes pour pouvoir se spécialiser dans d'autres. Ils n'ont pas manifesté parce qu'ils trouvaient les programmes trop lourds. Alors, je ne vois pas pourquoi certains professeurs viendraient dire que l'on a le devoir de supprimer des savoirs pour pouvoir en approfondir d'autres.

Surtout que le but n’est en aucun cas de pouvoir approfondir d'autres matières, qu'on se le dise.

Posté par canous à 18:21 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

25 juin 2008

Des infos en solde!

C'est l'ouverture des soldes, dépêchez vous ou il n'y en aura plus!

Ce pourrait être le premier titre de la journée, si les médias n'étaient pas trop occupés à parler d'eux mêmes (je parle bien sur de la commission Copé). Sur toutes les chaînes, nous avons eu droit aux même images ; hordes de consommateurs déchaînés, se ruant sur la bonne affaire, pressés de flamber leur pouvoir d'achat. Ces images pourraient êtres celles de cet hiver, ou celles de l'été dernier... à en voir le peu d'imagination des journalistes pour le sujet, on se demande pourquoi ils se donnent encore la peine d'en parler. Mais pourtant non, c'est un rituel. Il faut, et cela par tout les moyens, que nous gardions nos habitudes de consommateurs insatiables, allons dépenser notre argent pour une cause essentielle comme la mode!

Nous aurons tout de même le droit à notre pub pro-gouvernement qui travaille sur le pouvoir d'achat. En d'autres termes : dépensez tout l'argent que vous avez, l'état se charge de la suite.


Signé : Le Gitan

Posté par canous à 15:17 - Société - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

23 juin 2008

Domenech : en bleu et contre tous

Il y a des fois, tout va mal. Vous êtes sélectionneur d'un pays où tout le monde s'estime meilleur que vous, vous subissez une cuisante élimination dans une poule d'un Euro très disputé, les journalistes sont là à vous regarder tels des vautours qui ont longtemps tournoyé autour de votre tête, attendant votre dernière heure avec impatience. De deux choses l'une, ou vous vous faites tout petit, ou vous dîtes à toutes ces ordures « allez tous vous faire foutre, bande d'enc... »

Et pourtant, vous vous êtes plié à tout ce qu'ils voulaient : mettre Evra à la place d'Abidal ? OK ! Mettre un milieu offensif en plus ? OK ! Remplacer Thuram et Sagnol trop vieux ? OK ! Mais, rien n'y aura fait, vous perdez votre meilleur atout à la 8e minute, un penalty et un rouge contre vous à la 25e. Il y a des fois où tout va mal.

Mais, vous le saviez, les Italiens sont des êtres qui se sentent violemment attirés par l'attraction terrestre dès qu'ils entrent dans la surface de réparation adverse. Un seul mot d'ordre : « ne touchez aucun Italien dans la surface ! ». Vous êtes devant de jeunes joueurs qui ont déjà tout vu, ou des anciens qui sont de toute façon les meilleurs. « Benzéma est le nouveau Zidane », un supporter déclarera qu'il préférait l'ancien, « Coupet avait déjà sa place en 2006 », c'est sûr, pour tous les arrêts décisifs qu'il a faits ! Vous devez faire aussi face à tous les joueurs qui doivent prouver qu'ils ne sont pas encore morts, afin de ne pas se faire dévorer par ces vautours de journalistes. Du coup, aucun groupe, aucun jeu collectif, chacun pour-soi et dieu pour tous. Du coup, personne n'est là pour vous écouter.

Domenech n'était certainement pas l'homme de la situation, mais il faut avouer que personne n'était là pour l'épauler. Avec une ancienne génération de joueurs qui commence à ne plus être titulaire en club, et une jeune génération qui a la grosse tête, il ne pouvait pas faire de miracle non plus.

Espérons que le prochain sélectionneur n'aura pas ses têtes, mais surtout, qu'il aura assez de charisme pour se faire respecter des joueurs et des journalistes

Signé : Le gitan

Posté par canous à 20:36 - Sport - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]




12 juin 2008

Coréé du Sud: Entre consommer et la santé, il faut choisir

Après cent jours de pouvoir, le président sud-coréen Lee Myung-bak doit faire face à une crise majeure de pouvoir. Elu en décembre 2007 avec 48,7 % des voix, le président, qui a pris ses fonctions le 25 février 2008, est désormais au plus bas dans l’opinion publique.

Tout a commencé quand ce dernier a eu la bonne idée de recommencer à importer du boeuf américain, ces importations avaient étés interrompues en 2003 à cause de la crise de la vache folle. Cette reprise des importations étant une condition préalable à la ratification de l’accord de libre-échange signé un an plus tôt, par le président de la République d’alors, M. Roh Moo-hyun. Avant 2003, la Corée du Sud importait 850 millions de dollars de viande bovine, ce qui en faisait le troisième marché mondial pour les producteurs américains.

Mais entre le devoir de consommer et la santé, les coréens ont choisis. Pourtant, le président Lee en personne est monté au créneau. Pour tenter de rassurer les Coréens, il a fait état d’un échange téléphonique avec M. Bush, qui lui aurait promis de s’assurer que le bœuf exporté serait sain. Mais les découvertes effrayantes des médias ne sont pas allés dans ce sens.

Selon la chaîne coréenne MBC, 15% des estimations d’âge de bovins aux USA sont erronés. De plus une société de protection des animaux américaine, The Humane Society, réalisa un reportage en caméra cachée montrant des animaux malades ou incapables de marcher correctement littéralement poussés dans les abattoirs par des chariots monte-charge. Selon le journal USA Today du 9 mai 2008, moins de 1% des animaux sont dépistés. Pire un abattoir américain tel que Creekstone Farms ayant voulu tester 100% des bovins pour la présence d’ESB fut dans l’impossibilité légale d’effectuer ce dépistage! Pas étonnant que les gens ne veulent pas manger du boeuf américain!

Ainsi, face aux protestations populaires, des syndicats et de l'opposition, le gouvernement présentait sa démission le 10 juin 2008. Les ministres de l’agriculture et de la santé devraient être limogés. La presse de Séoul parle également du remplacement du ministre de l’éducation ainsi que de celui des affaires étrangères.

Mais tout ceci c'est déroulé dans un climat social déjà très tendu. Les chauffeurs routiers ont voté la grève pour protester contre la hausse des prix des carburants. Le syndicat KCTU devrait, dans les prochains jours, lancer un mot d’ordre de grève générale dans le secteur automobile. Le syndicat appuie les actions menées contre la privatisation des services de l’eau.

Je tiens juste à remarquer que cette crise politique s'inscrit dans un contexte de crise internationale. Dans les pays « développés », les côtes de popularité des gouvernements sont aussi bas que les pouvoirs d'achats, des émeutes de la faim dans les pays « en voie de développement », prix du pétrole élevé, xénophobie, dérèglement climatique et pollution, surpêche... il devient impossible de pouvoir dresser la la longue liste de ce qui ne va plus.

Une révolution s'impose!!!


Signé : Le Gitan

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16 mai 2008

OGM

Je vous en informe, si vous ne l'êtes pas encore, que mardi, le projet de loi sur les OGM a été bloqué. C'est donc avec étonnement, mais avec un soudain regain d'espoir envers la politique que j'ai pu voir que finalement, nous n'allons pas bouffer des OGM tout de suite.

J'ai tout de même essayé de savoir en quoi la légalisation des cultures OGM en plein champs était une bonne chose pour nous. J'ai donc écouté ce qu'avaient à dire les pro-OGM, et notamment, Marc Laffineur.

J'essaye d'être assez ouvert, et j'ai essayé de me mettre dans l'optique que ce mec pouvait avoir raison. Mais quand j'ai entendu le ramassis de conneries qui est sortit de sa bouche, je me suis écrié "trop c'est trop!" tout en tapant sur mon poste radio. Le problèmes est qu'il fait beaucoup d'amalgames et c'est pour cela que je voudrais rétablir quelques vérités... Tout d'abord, j'ai entendu de sa bouche que la production d'OGM peut servir à fabriquer des médicaments, et dans cette optique là, légaliser les OGM en plein champs pouvait nous aider à combattre certaines maladies. Or en réalité, on réalise cette production sous serre pour deux raisons, la première est qu'il faut que l'organisme puisse bien se développer, car nous ne sommes pas dans le cas de culture de plantes, mais de culture de cellules animales! De plus, même en obtenant des médicaments à partir de plantes, le risque de contaminer les autres plantes est très gros. Les insectes et le vent sont des facteurs qui transporte le pollen d'une plante à une autre, et c'est ainsi que des régions entières d'Amérique Latine ont étés pollués par des espèces malades! Donc désolé Monsieur Laffineur, mais révisez vos cours de génie moléculaire, pour un médecin, cela devient inquiétant.

Ensuite, il nous ressort les même discours selon lequel des experts vont contrôler sérieusement tout cela, et que l'on ne fera pas tout et n'importe quoi. Mais je voudrais demander : Nous aurons le droit aux experts qui nous ont affirmé que le nuage de Tchernobyl n'a pas passé la frontière française, ou bien les experts corrompus de la FDA?

Mais je ne suis pas naïf, je sais bien que nos politiciens se soucient plus des bénéfices des grands groupes de l'agro-alimentaire et de la pétrochimie. D'ailleurs ce n'est pas sur le site de la FNSEA que l'on peut lire qu'il faut employer nous aussi des OGM afin de ne plus dépendre des Etats-Unis?

Je ne fais d'ailleurs aucune illusion à quoi que ce soit, la loi va repasser, les députés UMP seront briefés, et nous l'auront notre loi, que l'on le veuille ou non!

 

Et bon appétit bien-sûr!

 

Signé : Le gitan

Posté par canous à 15:55 - Sciences et Technologies - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

02 mai 2008

liberté et nationalité française

 

Depuis son arrivée au pouvoir, notre gouvernement trouve tous les moyens possibles et imaginables pour bafouer nos droits et nos libertés :  Le droit de grève est mis à mal par le service minimum et les interventions policières en tout genre dans les universités et les lycées, pour déloger les défenseurs du droit au logement, j'en passe et des meilleurs. Nos acquis sociaux sont sans cesse remis en question : SECU, retraites...... la liste est longue et ils ne sont là que depuis un an.  Sans parler de la casse du service public et de la question des droits de l'homme qui est systématiquement évincée par notre « très cher » président lors de ses déplacements.
Cela vous étonne ? Pas moi, j'en suis profondément choquée mais pas étonnée.
Il n'y a qu'à voir ce que l'on fait des droits de l'homme dans notre pays actuellement. Les sans-papiers sont systématiquement traqués, renvoyés « chez eux » ou parqués dans des centres de rétentions où les enfants sont déscolarisés, entre autres inconvénients.

D'aucun dirons qu'on ne peut pas accueillir toute la misère du monde..... peut-être, mais qu'est-ce qui nous empêche de faire preuve d'un semblant d'humanité.

Enfin, bref entrons dans le vif du sujet : j'ai pris l'habitude de dire que venant de ce gouvernement plus rien ne m'étonne.Pourtant qu'elle n'était pas ma stupeur lorsque ce matin, sur une station radio des plus sérieuse,
j'entends qu'un jeune homme homosexuel c'est vu retirer sa nationalité française ainsi que son passeport pour
s'être marié (avec un autre homme évidemment) aux pays bas.
De quel droit hôte t-on à un être humain sa dignité et son identité à parce qu'il a le tord d'aimer la glace à la vanille alors que la mode est d'aimer la glace à la fraise (métaphore simpliste mais elle résume bien les choses je trouve). Ah oui ! ça y est, à une époque, on enfermait ces gens-là eton les brûlait.
Donc après la chasse aux sans-papiers voici venue l'heure de la mise au ban des indésirables.
La prochaine fois ça sera quoi : les handicapés, les cancéreux, les jeunes méfiez-vous, avec l'alarme
anti-jeunes ça a déjà commencé, les vieux, les roux... ici aussi la liste est longue. Donc si vous ne
mesurez pas moins d'un mètre soixante, ne possédez pas une Rolex et que vous n'êtes pas hyperactif, méfiez-vous, vous êtes peut-être le prochain sur la liste.

Pour ne pas passer pour une extrémiste à tendances paranoïaques je vais nuancer mon propos : le mariage
homosexuel n'étant pas légal ce mariage aurait pu être simplement considéré comme nul en France du moins.

Cela aurait pu être jugé comme une sanction (si sanction à l'amour il doit y avoir) acceptable.

Mais rendre une personne apatride pour des motifs fallacieux : non non et non !

Souvenez-vous toujours que l'histoire est une boucle dont on ne retient jamais les leçons.

voilà, après ce coup de gueule de fin de semaine je vous souhaite un bon week-end

MC .

Posté par canous à 11:49 - Société - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

30 avril 2008

A propos de la concurrence

Afin de lutter contre le pouvoir d'achat (ou de lutter pour, je ne sais plus), nous avons trouvé la solution. Nous allons donner tous les pouvoirs aux groupes de la grande distribution, en espérant qu'ils en feront bon escient. La concurrence est le pilier où repose la logique libérale, plus on donne de pouvoirs au marché, plus les entreprises vont les utiliser pour se concurrencer et abaisser leurs prix. Et ce qui est merveilleux, c'est qu'aucun média ne nous parle d'alternatives. L'état ne peut pas garantir des prix équitables, seuls les grands groupes le peuvent. Nous devons nous empresser à tout « libéraliser », et notre vie s'améliorera en conséquent.

Dans cette optique là, nous allons ouvrir à la concurrence les jeux d'argents, la française des jeux n'aura donc plus aucun monopole. Sommes nous obligé de vivre dans un monde où nous serons en permanence tentés de perdre, euh de jouer notre argent? Mais peut-être que les entreprises privés ne penseront pas trop à leur chiffre d'affaire, et penseront à avoir ne serait-ce qu'un peu de morale.

Mais revenons à nos moutons, plus de concurrence dans la grande distribution pour les forcer à descendre leurs prix, nous aurons donc bientôt, les uns à coté des autres, des hypermarchés. Il faudrait aussi espérer que Nestlé vendra moins cher son Nesquik à Lerclerc qu'à Auchan, comme ça, nous irons faire toutes nos courses à Leclerc (en plus il est gentil Leclerc, c'est sa pub qui le dit). Mais ils pourront aussi réduire leurs coûts sur leurs produits! En faisant plein d'économie sur les salaires, sur les normes écologiques, mais pas sur leurs bénéfices, impossible!

C'est bizarre, mais pour que cette logique marche, il faudrait demander à ces entreprises de ne plus rechercher systématiquement les bénéfices, mais de fournir le meilleur service possible. Il faudrait donc que ces entreprises soient publiques? Non, cela ne colle plus avec la théorie! La théorie est censée marcher, elle doit marcher!

La seule façon de voir si la concurrence nous sauvera serait de voir les effets de cette réforme. Aillons confiance à nos dirigeants, Sarkozy est quelqu'un de bien (c'est l'UMP qui me l'a dit).

Signé Le gitan

Posté par canous à 18:30 - économie - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

23 avril 2008

Vulgarisons la science : rayonnement du corps noir

 

Tout d'abord, qu'est ce qu'un corps noir? C'est un truc que les physiciens ont inventé, et c'est sensé absorber tout les rayons électromagnétiques. Il est donc de couleur noire, car il absorbe la lumière, mais il absorbe aussi les autres rayons électromagnétiques comme le son, les rayons X, les ondes radio...L'intérêt d'un corps noir, c'est que si il absorbe toutes les longueurs d'ondes, il ne peut ni les réfléchir, ni la laisser se transmettre comme le ferait un objet transparent. Un corps noir est donc l'émetteur d'ondes électromagnétiques le plus parfait possible.Vous vous doutez bien qu'un tel objet n'existe pas en réalité, et l'objet qui s'en rapproche le plus est un four, dont l'intérieur est recouvert d'une substance quasi noire. Il ne nous reste plus qu'à percer un trou dans ce four afin de laisser passer des rayons, et tout rayonnement pénétrant dans la cavité par cette ouverture va collisionner plusieurs fois la paroi et sera donc totalement absorbé avant d'avoir pu ressortir. Nous plaçons un petit objet en terre cuite à l'intérieur de ce four et nous chauffons notre four. Que va-t-il se passer ?

Premièrement, nous avons fait le vide dans notre four, ce qui fait que l'énergie que va produire notre corps noir ne pourra ni être transmise par convection, ni être transmise par diffusion, car ces deux modes de transferts nécessitent de la matière. L'énergie va donc être transmise par rayonnement.

Notre four va donc rayonner, et transmettre son énergie à notre objet en terre cuite, ce dernier va donc absorber cette énergie et rayonner lui aussi jusqu'à ce que notre système soit en équilibre selon la deuxième loi de la thermodynamique : "Tout système laissé à lui-même tend vers un équilibre thermodynamique pour lequel son entropie est maximale. Il y a alors uniformité pour la température." (l'entropie étant une mesure du désordre)

Nous allons ainsi exploiter ces résultats en traçant l'intensité du rayonnement émis en fonction de la fréquence de l'onde, soit en d'autres termes : l'énergie de la lumière, en fonction de sa vitesse d'oscillation.

Corp_Noir

 

Or les calculs prouvent que plus on fait osciller rapidement la lumière, plus elle doit être intense. Car notre corps étant à l'équilibre thermodynamique, il ne peut plus s'échauffer, il doit donc compenser ce trop-plein d'énergie qu'il a reçu en rayonnant. Nous avons vu que la température était un moyen de mesurer la vitesse des molécules. D'où, en chauffant, notre corps va augmenter la vitesse d'oscillation de ses molécules . Mais vu qu'il reçoit de l'énergie en continu, et qu'il ne peut plus s'échauffer (car il est déjà en équilibre à cause de la deuxième loi de la thermodynamique, il ne peut donc plus bouger thermodynamiquement), il va compenser en fournissant de l'énergie lumineuse. Et plus la lumière fournie a une vitesse d'oscillation importante, plus son intensité lumineuse doit être importante. Mais nous n'observons pas du tout ce phénomène. À partir des ultraviolets, plus la fréquence augmente, plus l'intensité baisse... c'est la catastrophe ultraviolette.

 

Les physiciens étaient perdus, eux qui pouvaient tout expliquer, restaient bloqués sur un truc apparemment simple. En 1900, Planck fit une hypothèse : la lumière n'est pas envoyée continuellement, mais par quantités, et l'énergie que nécessite l'émission de cette lumière est donc proportionnelle à la fréquence. Ce qui veut dire que plus une lumière à une fréquence élevée, plus l'énergie qu'il est nécessaire de fournir pour émettre cette lumière est grande, notre corps à donc besoin de moins de quantité de lumière à émettre.

Notre corps a une énergie qu'il ne peut pas garder (c'est le second principe de la thermodynamique qui le lui dit), il faut qu'il se débarrasse de cette énergie, et il ne le peut qu'en diffusant des quantums de lumière (ce que l'on appelle des trains d'onde). Or plus cette lumière a une fréquence importante, moins il aura besoin d'émettre de trains d'ondes pour se débarrasser de son énergie, ce qui explique la faible intensité lumineuse. Mais pour une lumière de faible fréquence, il devra émettre plus de trains d'ondes pour dépenser la même énergie que précédemment, ce qui explique une intensité lumineuse plus importante.

La théorie de la quantification de l'énergie était née : pour les grandes fréquences, l'énergie E est un multiple entier de la fréquence multipliée par une constante : la constante de Planck.

E = n . (h . f)   Avec n qui peut prendre les valeurs 1,2,3,4..., h =6.625.10-34  qui est la constante de Planck et f la fréquence.

L'énergie d'une onde peut prendre une fois la valeur h.f, deux fois fois, trois fois etc, etc... mais elle ne peut pas passer de la valeur 1.4 à 1.5, comme lorsque l'on augmente une vitesse, une taille ou n'importe quoi d'autre. C'est comme si je pouvais mesurer 1 mètre ou 2 mètre, mais qu'il m'était impossible de mesurer 1.5 mètre.

Le problème du corps noir est donc résolu : pour les faibles fréquences, nous sommes dans l'approximation de la physique classique : l'énergie est tellement peu quantifiable qu'elle apparaît comme continue, et plus la fréquence augmente, plus on entre dans le domaine de la physique quantique.

Corps_noir_2


Posté par canous à 15:44 - Sciences et Technologies - Commentaires [21] - Rétroliens [0] - Permalien [#]