Mettons un terme aux maîtres

Faire le point sur l'actualité récente, une vision alternative aux media à la solde du pouvoir

09 décembre 2009

La crise de septembre 2008

Question à 700 milliards de dollars : qui est intervenu à l’ONU pour accuser un capitalisme ravageur et immoral ? Réponse : Nicolas Sarkozy. Que s’est-il passé pour qu’un fervent défenseur de ce capitalisme financier vienne le remettre en cause ? Mais ce n'est pas fini, monsieur Sarkozy, dont les plus grands lèche-bottes du gouvernement se sont empressés de féliciter, a annoncé sa solution pour éviter la crise (un peu tard quand même) : « il faut contrôler la finance ». Comme si les organismes de contrôle financiers n'existaient pas, j'attends maintenant la déclaration du ministre des Sports : « Naaan, ce qu'il faut vraiment pour aider les arbitres, c'est mettre deux gars sur les touches avec des drapeaux pour signaler les hors-jeu ». Mieux, ce sont les gouvernements qui ont légiféré de façon à ce qu'on ne puisse pas contrôler le marché et le laisser libre, ce principe que tout le monde connaît sous le nom de libéralisme. Mais il n’y a pas que cela, voyons que le plus grand pays défenseur des valeurs libérales se met à nationaliser leurs plus grandes banques ! Mais ne vous inquiétez pas, personne ne fait ça par conviction, mais bien à cause de la conjoncture. Je m'imagine bien Paulson ou Bernanke désespéré devant les journalistes annonçant : « nous n'avions vraiment pas le choix, c'était le socialisme ou la mort ! »

Mais regardons la situation économique mondiale, cinq des plus grandes banques américaines ont déclaré faillite : Bear Stearns, Lehman Brothers, Merill Lynch, AIG et Washington Mutual. Pour être plus exact, elles se sont placées sous le chapitre 11 de la loi sur les faillites, c'est-à-dire qu’elles sont protégées du « dépôt de bilan », la faillite, la vraie. Mais elles sont sous le contrôle du tribunal de faillite. Cette situation n’est pas non plus la situation miracle, rien n’empêche que ces banques ne finissent pas par mettre la clé sous la porte, ou de devoir se faire avaler par une autre banque. En bref, ce chapitre 11 donne du répit pour les entreprises et leur donne une autre chance de s’en sortir en étant contrôlées par le tribunal de faillite, a-elles de saisir leur chance si ce n’est pas trop tard.

Après la crise des subprimes, beaucoup d’emprunts n’ont pas pu se faire rembourser, en raison des ventes forcées donc bradées de biens immobiliers, des cartes de crédit, d'actifs divers dévalués à cause des réhausseurs de crédits... Ces créances que tout le monde avait, ont été qualifiées de créances empoisonnées, ou « créances toxiques » dans le sens ou il ne vaut mieux pas en avoir si on veut rester en bonne santé. Or les organismes financiers ayant fourni ces emprunts (banques et assurances) se sont retrouvés endettés à leur tour. En effet, quand vous avez prêté des milliards à des gens qui étaient fortement susceptibles de ne pas vous rembourser, vous risquez de perdre beaucoup d’argent.

Face à cet endettement, les banques ont fait appel à une augmentation de capital, la technique est simple, vous émettez de nouveaux capitaux sur le marché. Pour attirer les acheteurs, vous les vendez moins cher que le prix normal, les gens les achètent, et vous vous servez de cet argent pour renflouer votre dette. Or augmenter son capital, est aussi une preuve que vous envoyez au marché sur votre mauvaise santé financière (si vous augmentez votre capital, c’est que vous avez des dettes), et en temps de crise, rien n’est pire que de montrer vos faiblesses. Les investisseurs ne voulant pas d’actions d’entreprises endettées, vous vous retrouvez avec des actions qui ont baissé et dont personne ne veut. Or, comme le prix de vos actions rentre en compte dans le bilan de votre société, le fait que le prix de celle-ci dégringole augmente votre dette, ce qui va vous obliger à raugmenter votre capital, et donc recauser la dépréciation de vos actifs, et ainsi de suite jusqu’à avoir la tête complètement écrasée dans le mur !

Dans ce contexte tout à fait nouveau, les banques se regardent mourir les unes après les autres, qui ne les encourage encore moins à se prêter de l'argent. Car comme de petits soldats sous un bombardement, se regardant mourir les uns après les autres, si le soldat Germain demande au soldat François de lui prêter 5000 francs pour le lui rendre dans 6 mois, il y a de fortes chances pour que le soldat François dise : « attends Germain, je t’aime bien, mais qui me dit que dans 6 mois tu seras encore là pour me rendre mon argent ? ». Pour les banques c’est pareil, sauf qu’une banque qui ne prête pas d’argent, ça pose problème. Du coup, il n’y a plus assez de dollar qui circule sur les marchés. Et si les banques prêtent à court terme, c'est à des taux immenses qui ne cessent d'augmenter, comme en témoignent les variations de l'Euribor à 3 mois (1). Par rapport à cela les banques centrales décident de débloquer des milliards et de milliards de dollars pour répondre au besoin de liquidité. Comme l’a écrit Sophie Rolland dans la Tribune « les banques centrales ne maintiennent plus le marché sous perfusion, elles les ont placés en réanimation intensive ! ».

S’ajoute à tout ce beau tableau une paranoïa maladive. Dès que quelqu’un soupçonne un autre de ne plus avoir d’argent, le marché se comporte de telle façon que la personne soupçonnée en question n’aura réellement plus d’argent, même si elle en avait. On fait face à des prophéties auto-réalisatrices dues à la tension extrême des marchés.

Pour résoudre cette crise, vous avez sûrement entendu du plan Paulson ? Il consiste à débloquer 700 milliards de dollars, pour racheter ces créances toxiques avec l’argent du contribuable. Mais ce plan apporte plus de questions que de réponses. La première, à combien ces créances vont-elles être rachetées, trop élevées, et se serait récompenser tout les acteurs qui nous ont menés dans cette situation, trop bas, et cela aggraverait la spirale déflationniste qui ruine les établissements financiers. Deuxième question, la concurrence si chère à Washington, Bruxelles et l’OMC ne serait-elle pas faussée, car en vérité, le trésor américain va racheter les créances des banques américaines, mais pas les autres ? Troisième question, comment d’un point de vue technique, peut-on mettre en œuvre ce plan au cas par cas, banque par banque, créance par créance ? Et enfin, dernière question, ce plan ne règle pas le vrai problème qui est que les banques ne se prêtent plus les unes aux autres, tant que l’horizon est aussi sombre pour elles.

Parmi tous les acteurs de la crise, je ne vous ai pas encore parlé des CDS. Les CDS (Credit Default Swap) sont des crédits assurés, c'est à dire, vous payez une contre-partie pour vous assurer que même si la personne à qui vous avez prêté, se retrouve dans l'incapacité de vous rembourser, votre assureur devra rembourser à la place. Et si nous suivons le raisonnement fait pour toutes les autres causes de la crise, les CDS marchent parfaitement bien quand tout va bien, mais cela aggrave encore plus la situation en temps de crise, ce qui est une marque de fabrique du capitalisme. Donc, quand une banque d'affaires s'effondre, c'est qu'elle a énormément de dettes. Si elle s'effondre, c'est qu'elle ne les paiera pas. Ceci obligera les assureurs à rembourser toutes les dettes qui ont été assurées par l'activation des CDS, soit énormément d'argent à sortir d'un coup, ci qui sera une bonne raison de plus pour se retrouver dans la faillite. C'est notamment pour cette raison que les états Européens et Américain ont décidé de nationaliser les banques en faillite, pour ne pas laisser ces dettes empoisonner encore plus le marché.

Pour rendre compte de l'étendue du danger que représentent ces CDS, l'économiste Joseph Leddet les a évalués à un montant nominal supérieur au PIB mondial dans le journal La Tribune du 30 septembre.

Prenons deux exemples de la crise, après avoir nationalisé Bear Sterns en mars, Freddie Mac et Fannie Mae en juillet 2008, le gouvernement c'est fait traité de socialiste. Et quand la banque Lehman Brother s’est placée sous le chapitre 11, la Fed a décidé de ne pas bouger, et a laissé sombrer la banque dans la faillite. Mais même si la banque n'était pas « to big to fall »comme aiment les dire les actionnaires, trop gros pour tomber, elle a fait de sacrés dégâts. Son exposition sur les dérivés était estimée à 29 milliards de dollars, rien à comparer aux 13 400 de Bear Stearns (source : Office of the Comptroller of the Concurrency, New York, 30 septembre). Deux jours après, C'est au tour d'AIG de se retrouver sous le même chapitre 11. Là, le gouvernent espère que des secours privés, dont les banques Goldman Sachs  et JP Morgan, vont prendre la tête d'un crédit syndiqué de 75 milliards de dollars d'AIG. Mais c'était oublier que la veille les 10 plus grosses banques du marché avaient dû mettre sur la table 70 milliards de dollars pour soutenir la liquidation ordonnée de Lehman. Or il était impossible pour l'état d'abandonner AIG qui s’était engagé à assurer 441 milliards de titres. Face à cette situation, l'état acquiert 79,9 % du capital d'AIG sous la forme d'un prêt relais de 85 milliards de dollars.

Mais le plus « amusant » dans cette situation est comment l'état a nationalisé AIG, la Fed a monté ce que l'on appelle dans des termes très techniques « un bordel financier ». La Fed prend le contrôle d'AIG non en dédommageant les actionnaires grâce aux 85 milliards, car cet argent est en fait prêté, et l'état se porte acquéreur en contrepartie du prêt. En d'autres termes, je vous prête 10 000 euros pour que vous puissiez vous acheter votre voiture, mais étant donné que je vous prête l'argent, la voiture sera aussi à moi. Une fois le crédit éteint, l'état fédéral n'en restera pas moins actionnaire de 79,9 % d'AIG. Pour ce qui est d'une rechute dans le socialisme, c'est une. Comme le dirait l'économiste Frederic Lordon à ce sujet : « à côté d'eux, le président vénézuélien Hugo Chavez est un pantin libéral vendu au grand capital, lui paye quand il nationalise ! »

Et c'est le lundi 6 octobre que la crise des marchés a commencé. Dans un climat où aucune banque ne veut (ou ne peut) prêter de l'argent, les entreprises commencent-elles aussi à être touchées par la crise. Notamment les entreprises vendant des produits onéreux nécessitant aux clients l'obtention d'un prêt. C'est ainsi que les entreprises du Bâtiment et de l'automobile sont touchées de plein fouet. Car il ne faut pas oublier que l'on sort d'une crise des matières premières, ce qui a atteint sérieusement les consommateurs. Dans ce climat les marchés boursiers atteignent des chutes sans pareilles. Pour donner une idée de ces pertes immenses, les marchés étant traités par informatique depuis Londres, il y avait tellement d'ordre de vente, que le système ne suivait plus. Autrement dit, il y avait une différence entre ce qu'il y avait sur les écrans des traders et ce qu'il se vendait réellement.

Les gouvernements et les argentiers ont décidé de se réunir les week-ends, profitant de la fermeture des marchés pour discuter des décisions à prendre. Pour éviter la grande crise de 1929, les gouvernements européens ont décidé de rassurer les épargnants en garantissant leur dépôt. Il serait gênant de revoir des files d'attente interminables devant les guichets, ce qui aurait pour effet d'entrer vraiment des deux pieds dans la crise. Mais le marché semble être sourd à ce discours, après les interventions du G4, le marché à enregistrer des pertes records. Il est en effet difficile que les pouvoirs publics pourront assurer l'ensemble des dépôts quand on connaît leur taille. Pour indiquer quelques chiffres, la base de dépôts de la BNP représente le tiers du PIB de la France!

Le dimanche 12 octobre, après une réunion entre les chefs d'État de l'Union européenne, une décision commune a été prise, celle de suivre l'attitude de Gordon Brown et du Royaume-Uni, dans un gigantesque plan de relance d'une bourse en chute libre. Il a été décidé de garantir les prêts interbancaires et de garantir le rachat de banques en difficultés. Des sommes faramineuses sont en jeu, 480 milliards pour l'Allemagne, 20 milliards pour l'Italie, 100 milliards pour l'Autriche, 360 milliards pour la France... Soit un total de 1 500 milliards d'euros.

Et lundi, la réponse des marchés est sans équivoque. Des rebonds spectaculaires se font voir dans toutes les bourses du monde entier : An Amérique avec une augmentation de +11,81 % et +11,02 % pour le Nasdaq et le Dow Jones, en Europe, +11,18 % pour Paris, +11,40 % pour Francfort, +8,26 % pour Londres, en Asie, +14,15 % pour le Nikkei. L'économie capitaliste est sauvée ! Et c'est ce que tout le monde se dit, pour essayer de s'en persuader le plus fort possible. Car les hausses seront suivies de baisses dès le mercredi. Mais fait tout nouveau, les taux de prêts interbancaires commencent à chuter depuis le 10 octobre. Signe que les banques commencent à se refaire confiance et donc à se prêter de l'argent à des taux moins exorbitants. Maintenant, la vraie question que nous sommes en droit de nous poser est : où en est la crise ? Et la réponse pourrait se situer dans les cours de la bourse actuelle, où les marchés font du yoyo ; ils commencent les semaines en hausse, réagissant apparemment bien aux annonces décidées dans le week-end, mais finissent les semaines en baisse. Tout cela agit comme pour prouver que la crise est désormais au niveau industriel, où comme chez Renault, on a décidé de mettre au chômage technique ses employés pendant deux semaines, afin de dégraisser les stocks. Signe d'un éventuel début de récession, les consommateurs ne lancent plus dans les gros achats comme les achats automobiles.

Et c'est cette même récession qui fait perdre la tête aux marchés après leur avoir fait perdre pied. Dans un monde où l'on a toujours besoin de croissance, une croissance infinie si cela pouvait même être ne serait-ce qu'envisageable, le mot récession fait énormément peur. Et cette peur s'entretient elle-même, contaminant tous les marchés. Ces mêmes marchés que l'on avait voulu déréguler pour mieux absorber les crises se retrouvent en train de causer sa propre perte. Car avec toute cette dérégulation, on oublierait presque que derrière toutes ces courbes et tous ces facteurs, il y a des êtres humains qui se comportent comme des êtres humains. Et les fonds de pension sont vendus en masses, ce qui alimente la baisse des valeurs boursières. De plus, la nature humaine est méfiante, on a peur de ce que l'on nous cache ou de ce que l'on peut nous cacher. Et c'est pour cela que beaucoup de financiers émettent des réserves sur la santé bancaire de plusieurs organismes (Dexia pourrait être un cas d'école).

Mais la totalité de la crise est loin d'être passée, car penser que la crise est terminée, c'est oublier que son origine vient d'énormes pertes faites par les banques à cause de l'incapacité de remboursement des crédits subprimes. Or les fameux resets, réajustement des taux au bout de deux ans, vont s'arrêter en septembre 2009, suite à un très ingénieux calcul qui consiste à ajouter deux ans à la fin de ces crédits. Les pertes n'ont pas été totalement calculées pour les banques et les assurances qui justement garantissent ces prêts. De plus,  on pourrait se demander si les états américains, européens et asiatiques qui ont été très très très généreux pourront à nouveau encaisser d'autres pertes.

(1) Voir des mots sur les maux

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Origine de la crise des subprimes

La crise des subprimes aura fait un ravage dans le monde de la finance, mais intéressons-nous à l'origine de cette crise. Le capitalisme reposait sur les principes du Keynésianisme. Pour faire travailler les entreprises, il faut donner du pouvoir d'achat aux travailleurs afin de leur permettre de consommer. Depuis les années 80 lors de règne Reagan Tatcher, on a bloqué la progression des salaires afin de  lutter contre l'inflation. En effet, par un mécanisme très compréhensible, augmenter les salaires augmente le prix de production de notre produit, et donc la valeur de notre produit. La baisse de la part des salaires dans la redistribution des richesses, partie du monde anglo-saxon a ensuite gagné tous les pays développés, et est devenu un principe fondamental pour l'Union européenne. Elle a par la suite été renforcée par l'irruption de la Chine et de sa main-d'œuvre à bas coûts. Mais pour que la machine fonctionne, il faut que les salariés consomment ; pour cela, on les conduit à s'endetter.

En 2001 avec l’éclatement de la bulle Internet, M. Alan Greenspan, alors président de la Fed, invite les investisseurs à aller vers l'immobilier, pour les protéger des pertes dues à l'éclatement de la bulle internet. Pour ce faire, il décide de baisser les taux de prêts, ce qui incite les investisseurs à emprunter pour justement investir. De plus, des banques comme Fannie Mae et Freddie Mac avaient vocation d'assurer la fluidité du marché du crédit immobilier en garantissant les prêts ou en rachetant aux banques. Ainsi, l'endettement des ménages était encouragé, puisque l'intérêt sur la dette immobilière était déductible de l'impôt sur le revenu. Leur croissance s'accélérera à mesure que le système financier connaissait la déréglementation.

C’est dans ce climat qu’est mis au point le système des crédits subprime, crédits hypothécaires à risque et à taux variable consentis aux ménages les plus fragiles. Il est maintenant permis de prêter de l'argent à des personnes fortement susceptibles de ne pas rembourser. Les banques sont gagnantes à chaque fois, les débiteurs payent leurs crédits, et au moment où ils ne peuvent plus, la banque prend la maison.  Mais le véritable problème de ces crédits sont les « resets », une des particularités des crédits subprimes et les crédits Alt-A mortages (intermédiaires entre les crédits standards primes et subprimes) est de garantir des taux bas pendant deux ans, et deux ans après, les taux remontent à la normale lors de ce que l'on appelle un reset. Autrement dit, vous prenez un crédit à 5 %, pendant les premières années il sera à 1% et repassera à 5 % au bout de deux ans. C'est en général au bout de ce reset que les ménages américains se sont retrouvés dans l'impossibilité de rembourser leurs crédits et se sont fait saisir leur maison. Les établissements financiers se sont donc retrouvés avec de plus en plus de logements à vendre. Le marché c'est ainsi retrouvé inondé de logements ce qui a fait écrouler le marché de l'immobilier et donc le prix de ces logements. Les banques se sont retrouvées dans l'incapacité de retrouver l'argent qu'ils avaient prêté. De cette manière-là, elles ont perdu énormément d'argent en ayant dans leurs comptes des créances non remboursables.

S'ajoute à cela le problème de la titrisation, les systèmes financiers se sont servis de ces dettes comme source d'achat. Comme si je vous disais : « je t'achète ta voiture 5000 €, mais comme quelqu'un me doit 5000 €, il ne me les devra plus à moi, mais à toi ». C'est ainsi que les banques avaient vendu une partie de leurs créances douteuses à d’autres banques, lesquelles les avaient cédées à des fonds d’investissement spéculatifs qui les ont à leur tour disséminés. Résultat : comme une épidémie foudroyante, la crise atteint l’ensemble du système bancaire.

C'est dans ce contexte là que George W.Bush a annoncé en janvier un plan de stimulation visant à enrayer la contraction de l'économie américaine uniquement sur le court terme. Car dans une société où la carte de crédit est un art de vivre, inciter les gens à surveiller leurs dépenses en augmentant les taux d'intérêt est impossible, le plan de relance promis consiste uniquement en une baisse d'impôts gigantesque de 145 milliards de dollars (100 milliards d'euros) soit 1% du PNB. Mais le gros problème est le suivant, comment peut-on financer cette baisse d'impôts à ajouter au déficit budgétaire ? La réponse la plus évidente est : les Chinois, qui vont une nouvelle fois être mis à contribution pour acheter des bons de Trésor américain, alors qu'ils en détiennent déjà 1 400 milliards de dollars. Ensuite, ces emprunts ont aggravé la dette américaine et déprécié davantage le dollar. Enfin, ce plan se focalise essentiellement sur la relance de la consommation, au détriment d'autres solutions qui permettraient d'aider les Américains à se désendetter ou à rembourser leurs crédits immobiliers. Et, mathématiquement, les baisses d'impôts profiteront davantage aux ménages qui gagnent le plus.

De plus, la chute de la Bourse et les incertitudes pesant sur la croissance économique américaine n'ont visiblement pas manqué d'attirer les investisseurs étrangers, notamment les investisseurs asiatiques et arabes. L'an dernier, selon les chiffres compilés par l'agence Thomson Financial, les acquisitions d'entreprises américaines ou les prises de participation par des groupes étrangers ont atteint le montant record de 414,2 milliards de dollars. Jamais, depuis la folie spéculative de la bulle Internet de la fin des années 1990, le reste du monde n'avait à ce point craqué pour le « made in USA ». Ainsi, profitant de la faible valeur du dollar et des résultats catastrophiques de nombreuses banques, des fonds d'investissement Chinois et Arabes sont venus investir massivement dans l'économie américaine renflouant les grandes banques comme Citigroup et Merrill Lynch, sans susciter la moindre critique. Le temps n'est plus à la levée de boucliers déclenchée en 2006 aux EtatsUnis par le rachat par le groupe émirati DP World de plusieurs grands ports américains, qu'il avait été forcé de revendre.

Posté par canous à 18:28 - économie - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

30 avril 2008

A propos de la concurrence

Afin de lutter contre le pouvoir d'achat (ou de lutter pour, je ne sais plus), nous avons trouvé la solution. Nous allons donner tous les pouvoirs aux groupes de la grande distribution, en espérant qu'ils en feront bon escient. La concurrence est le pilier où repose la logique libérale, plus on donne de pouvoirs au marché, plus les entreprises vont les utiliser pour se concurrencer et abaisser leurs prix. Et ce qui est merveilleux, c'est qu'aucun média ne nous parle d'alternatives. L'état ne peut pas garantir des prix équitables, seuls les grands groupes le peuvent. Nous devons nous empresser à tout « libéraliser », et notre vie s'améliorera en conséquent.

Dans cette optique là, nous allons ouvrir à la concurrence les jeux d'argents, la française des jeux n'aura donc plus aucun monopole. Sommes nous obligé de vivre dans un monde où nous serons en permanence tentés de perdre, euh de jouer notre argent? Mais peut-être que les entreprises privés ne penseront pas trop à leur chiffre d'affaire, et penseront à avoir ne serait-ce qu'un peu de morale.

Mais revenons à nos moutons, plus de concurrence dans la grande distribution pour les forcer à descendre leurs prix, nous aurons donc bientôt, les uns à coté des autres, des hypermarchés. Il faudrait aussi espérer que Nestlé vendra moins cher son Nesquik à Lerclerc qu'à Auchan, comme ça, nous irons faire toutes nos courses à Leclerc (en plus il est gentil Leclerc, c'est sa pub qui le dit). Mais ils pourront aussi réduire leurs coûts sur leurs produits! En faisant plein d'économie sur les salaires, sur les normes écologiques, mais pas sur leurs bénéfices, impossible!

C'est bizarre, mais pour que cette logique marche, il faudrait demander à ces entreprises de ne plus rechercher systématiquement les bénéfices, mais de fournir le meilleur service possible. Il faudrait donc que ces entreprises soient publiques? Non, cela ne colle plus avec la théorie! La théorie est censée marcher, elle doit marcher!

La seule façon de voir si la concurrence nous sauvera serait de voir les effets de cette réforme. Aillons confiance à nos dirigeants, Sarkozy est quelqu'un de bien (c'est l'UMP qui me l'a dit).

Signé Le gitan

Posté par canous à 18:30 - économie - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

10 avril 2008

Youpi, Vive l'UIMM

Magnifique, PSA Peugeot-Citroën a reconnu lundi avoir reçu 550.000 euros de la "caisse de secours mutuel" de l'UIMM (patronat de la métallurgie) à l'issue d'une grève de six semaines en 2007 dans son usine d'Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis). Alors, c'est la fête dans le monde des entreprises du CAC 40, quand on subit une grève, on écrit à l'UIMM pour obtenir une « aide financière de solidarité » et on reçoit un joli chèque de 550 000 euros. Remarque, il est vrai que PSA est une entreprise qui a besoin de cet argent pour vivre, elle qui n'a réalisé que 885 millions de bénéfices, bénéfices qui n'ont étés multipliés que par 6.

Tiens, je vais essayer, de demander moi aussi à l'UIMM une aide financière de solidarité, après tout, si PSA l'a eu, pourquoi pas moi.


Posté par canous à 15:26 - économie - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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